Probabilité de chance de risque = 100% puissance quatre

Probabilité que tout se passe bien = zéro.

"Reader, I think proper, before we proceed any farther together, to acquaint thee, that I intend to digress, through this whole history, as often as I see occasion."

Henry Fielding, Tom Jones

Affichage des articles dont le libellé est amoureux. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est amoureux. Afficher tous les articles

lundi 16 février 2009

Une vie sexuelle, ça s'organise.


Les maniaques érotomanes en rêvaient, les anglais l'ont fait ! Grâce au site Bedpost, il est désormais possible de tenir une comptabilité détaillée de ses rapports sexuels. Une fois inscrit sur BedPost, vous avez accès à un calendrier permettant de noter le jour, l'heure, la nature de l'acte sexuel, le nom du partenaire, et une note qualitative sur 5...

La fonction "graphiques et rapports" offre une large palette de camemberts et diagrammes, reflétant sa propre vie sexuelle. "Ah, ma part d'orgasme est une courbe logarithmique inversée, je dois inverser la tendance."

BedPost n'est pas un réseau social. Les autres utilisateurs ne peuvent pas avoir accès à vos données. Cependant, le site annonce que bientôt, il sera possible de gérer l'affaire en couple... ou comment l'adultère s'apprendra sur le net : "Chérie, j'ai appris que tu avais pratiqué une biiiip par biiii avec un certain Docteur P. Tu peux m'éclaircir ?" "Mais non tu es dans le compte de ta mère."

Le prochaine étape est sans aucun doute l'apparition de cabinets d'audit du sexe. "Selon le diagramme 13, colonne 28, il y aurait un certain déséquilibre vaginal dans vos ébats si on les rapportent au taux moyen de pénétration fréquenciel."

Mmmmm... c'est presque aussi érotique que les babines du sulfureux Laurent Romejko dans Des Chiffres et des Lettres.

Anne de Chochult

lundi 22 décembre 2008

Le Mis-en-trop, ou le réactionnaire amoureux


Acte II scène 2 : Célimène, Eliante, Clitandre, Arsinoé

Alceste, entrant sans s'annoncer et interrompant brusquement la conversation
Madame, on ne saurait vous parler seul à seul !

Célimène
Quoi, mon ami, devrais-je prendre un air bégueule ?

Alceste
Peste de duperie, je vous quitte sur l'heure !

Célimène, prenant son auditoire à partie
Feindre un monoamour qui déplaît à mon cœur ?
Refuser qu'on m'aimât et qu'on me fasse cour ?

Alceste
Mais où que vous soyez, vos amants vous entourent !
Du train que vous menez, ma personne est à plaindre !

Célimène
Je vous en prie, vivez, plutôt qu'à mes pieds geindre !

Eliante
Mais à la fin, Monsieur, quel mal redoutez-vous ?
Seriez-vous, bien malgré nous, quelque peu jaloux ?

Alceste
Je le suis en effet, et dûment le proclame.
Madame, c'est moi seul dont vous consumez l'âme !

Clitandre
Fi d'un discours qui spolie le polyamour !

Alceste
Monsieur le beau marquis, sous vos jolis atours,
Vous êtes libertin, je le dis sans détour !

Eliante
Diantre, l'importun ! N'a-t-il l'air d'un Cléon ?

Célimène
Ce gourmandeur qui porte fier et haut menton ?
L'ennuyeux raisonneur en sa folle constance !
A promener son zèle avec force impudence
Il rendrait infidèle un vieillard pudibond !

Clitandre
Parbleu, se souvient-on de la prude Clélie ?

Célimène
Le moyen d'oublier pareille perfidie ?
Sous sa fausse vertu pourfendant l'adultère
Papillonnent gaiement mille e tre partenaires.

Arsinoé, s'adressant à Célimène
Pour bien peindre les gens, vous êtes admirable!
Mais le portrait qu'ailleurs on fait de vous m'accable.
J'entends, très chère, que votre amour libéré
Serait un mauvais tour à vos amants joué.
Que vos conceptions de l'aimable partage
Ne sèmeraient que trouble et insidieux ravages.

Célimène
Fermez vos ouïes, ma mie, à de tels commérages.
Croire au couple parfait, est-ce encore de votre âge ?
Prenez leçon de nous, les âmes généreuses,
Dont la partition riche est plus harmonieuse.
Du quintette au duo, nous préférons l'accord,
Qui dispense la joie dans nos cœurs et nos corps.

Alceste
A cette comédie, ne voulant me donner,
Je m'en vais seul en quelque lieu me retirer.
Madame, à votre gré de rester ou me suivre,
Dans la polyphonie, je ne puis hélas vivre.

Paulin Gavroche

vendredi 19 décembre 2008

Le polyamour expliqué à ma fille


- Maman, Marina m’a dit que « Blanche-Neige s’est tapée tous les nains ». Ça veut dire quoi ?
- Eh bien cela signifie que Blanche-Neige était très gourmande. D’ailleurs, si tu regardes ses initiales, ça donne BN, comme ton goûter.
- Tu veux dire qu’elle a mangé les nains ?
- Plus ou moins. Disons que comme une abeille, elle butinait à de nombreux endroits.
- Elle s’ennuyait, non ? Elle avait la bougeotte ?
- Tu sais.. la vie de ménagère, au beau milieu d’une forêt obscure… Ce n’est pas toujours amusant. Il y a peu de distractions à part les oiseaux qui chantent et la rosée du matin.
- Et les nains.
- Oui, exactement.
- Alors le Prince Charmant, elle l’aimait ou pas ?
- Non, bien sûr que non. Il était tellement lisse, et plat, et insignifiant, et minable. Surtout minable. Enfin, à l’époque des nains, elle ne savait pas encore qu’il était comme ça. Elle l’imaginait séduisant, beau, charmeur et intelligent. Bref, je suis sûre que quand il est venu lui faire un baiser pour la réveiller, elle a compris qu’il valait mieux rester dans sa cabane, plutôt que dans une villa à Cannes. Enfin je veux dire un château de princesse.
- Elle faisait quoi dans sa cabane ?
- Elle s’occupait comme elle pouvait.
- En mangeant des nains.
- Non non ma chérie, je parlais plus de polyamour que de nanophagie.
- C’est quoi le polyamour ?
- C’est aimer plusieurs personnes à la fois. C’est diviser son cœur en plein de petits éclats, et en donner un à chaque personne que tu aimes.
- Moi, j’en donnerais un à toi, un à Papa, un à Marina, et aussi à Mamie, à la maîtresse et à mon poney.
- Tu verras qu’après la puberté, ce sera différent ! Il n’y aura plus que des garçons dans ta liste.
- Ahhh… toi Maman, tu les as donné à qui tes petits bouts de cœur ?
- Eh bien à ton Papa, mais aussi à Roberto son associé, à Paul le chanteur de Jazz, et aussi à Nino, Jacques, Eric, Romain, Peter, Jean-Camille… Ah ! Et bien sûr Juan Alonso, il a un gros bout de cœur lui.
- Donc ces messieurs, c’est un peu tes nains, non ?
- Voilà.
- Mais Papa c’est un nain ou ton Prince Charmant ?
- C’est … euh… le Papa. Il a un statut à part.
Anne de Chochult

mardi 11 novembre 2008


Cinq non-musicales raisons d’aimer Gregg Gillis aka Girl Talk


N.B. : cet article relève des cold news.

1. Selon la légende, le nom Girl Talk vient d’un recueil de poèmes de Jim Morrison, mais Gregg Gillis himself ne se rappelle plus lequel.*

2. Avant de se convertir au mash-up, Gregg Gillis suivait des études en ingénierie biomédicale.

3. Avant de se convertir au mash-up, Gregg Gillis vivait dans l’Ohio.

4. Le logiciel qu’il utilise est joliment prénommé – Audio Mulch.

5. Gregg Gillis aime juste la pop. « I was just a fan of pop music. I want to make new pop out of old pop. »** Pas de place pour la condescendance ici, seulement de l’amour.

6. Girl Talk prend une coloration oxfordienne en mettant en ligne son album et en permettant à chacun de payer la somme qu’il souhaite pour l’obtenir.


7. Gregg Gillis a une fâcheuse tendance à se mettre littéralement à nu sur scène.

8. Le nombre et la diversité des artistes qu'il parvient à réunir dans un morceau cohérent, extatique, déjanté et hystérogène est tout simplement impressionnant (je vous recommande notamment "Still here"). Cette raison n’est pas non-musicale, mais on a dépassé le seuil des cinq raisons depuis déjà deux raisons.

naÿv la nrf yee!

Pour écouter :
http://www.myspace.com/girltalk

Pour acheter (ou pas) l’album :
http://74.124.198.47/illegal-art.net/__girl__talk___feed__the__anima.ls___/

* http://www.nerve.com/screeningroom/music/girltalk/
**http://auralstates.com/2008/10/girl-talk-interview-w-gregg-gillis.html

dimanche 2 novembre 2008

Quantum of Solace

Je reviens de « Quantum of Solace ». Ma respiration est encore haletante, mes yeux écarquillés et ma bouche… bée. Retour sur une aventure en salle obscure.


Après Casino Royale, j’étais bien décidée à savoir ce qu’il adviendrait du petit cœur en lambeaux de 007. Bond était en effet tombé amoureux de Vesper Lynd (Eva Green), qui mourait tragiquement à la fin du film.

Ça commence tough. Course poursuite en voiture sur la côte italienne, chasse à l’homme dans les sous-terrains de Sienne. La perte de l’être aimé a déclenché en James une rage froide. C’est un être incontrôlable, au grand dam de M, qui a beau le sermonner, rien n’y fait. A aucun moment l’on voit l’espion dormir ou manger. Normal, c’est une machine à tuer, une brute qui ne pense qu’à la vengeance. Bien sûr, petit à petit la carapace s’effrite. L’affect ressurgit, mais il est toujours mesuré.

Daniel Craig a bien révolutionné l’espion de sa Majesté. Son regard azuréen, sa moue concentrée, sa démarche mécanique. Sans regret, ni pitié. Brisé. Il est bien loin le temps où James Bond s’accouplait à tout ce qui bougeait. Bien loin le temps où les répliques légères fusaient durant les combats :

James Bond, dont l’appareil reproducteur est menacé par un laser :
Do you expect me to talk ?
Auric Goldfinger, le méchant : (enjoué)
No Mister Bond! I expect you to die!

Le changement est radical. Pour le constater, replongeons nous donc, dans une scène d’un vieux James Bond : Diamonds are forever.

Les codes jamesbondesques ont disparu. Aujourd’hui, les méchants n’ont plus d’accent russe à la noix ou des coupes de cheveux improbables. Ils ont des yeux qui transpirent la folie. Les attaques ne se font plus à l’aide de brochettes enflammées, mais de ciseaux aiguisés. Les James Bond girls ne sont plus des potiches apeurées, mais des créatures ambiguës et solitaires.

Ce n’est ni mieux ni pire. C’est différent. Car désormais, les James Bond ne sont plus des films familiaux, mais de véritables films de genre.
Anne de Chochult

vendredi 6 juin 2008

L’amour en suédois…


C’est un petit film tout mélancolique qui raconte simplement comment deux jeunes, entre l’enfance et l’adolescence, s’aiment. Datant des années 70, A Swedish love story est un petit bijou de nostalgie aujourd’hui diffusé en France.
Une fille, un garçon…ça paraît incroyablement banal pour un chef d’œuvre… et pourtant, c’en est bien un.

Ils ont 15 ans à tout casser. Pär roule sur une vieille bécane en bande avec ses potes, il crapote en frimant cigarette après cigarette, a des cheveux roux tout foux plein les yeux et surtout un sourire béat quand il voit Annika. Elle, c’est une lolita aux grands yeux de chat et qui crapote aussi, une fille incroyablement gracieuse et adorable, une beauté éphémère un peu désabusée. Ils se tournent autour, se dévisagent, et esquissent des gestes, avec hésitation, crevant d'envie de se parler et de se toucher mais ne savant pas très bien comment faire. Ils tentent de se faire une contenance, en fumant (c'est incroyable le nombre de cigarettes fumées tout au long du film, alors bien certifié seventies), en s'ignorant, et surtout en se dévisageant.

Ils dansent et fument comme des gosses mais s’embrassent et s’aiment bien mieux que des adultes. Car les adultes ici, ce sont ces êtres insatisfaits, dépressifs, qui font la fête mécaniquement et sont profondément malheureux. Tandis que leurs copains et copines flirtent selon les conventions , tandis que leurs parents se séparent ou s’ennuient sans conviction, Pär et Annika vivent leur coup de foudre, en marge.
Ce n’est juste qu’un petit film, une histoire, toute simple. Ce n’est juste qu’une très belle histoire d’amour.
Graziella Feneo