Ou de la pénurie en prémisses de la vie pratique
Probabilité de chance de risque = 100% puissance quatre
Probabilité que tout se passe bien = zéro.
"Reader, I think proper, before we proceed any farther together, to acquaint thee, that I intend to digress, through this whole history, as often as I see occasion."
Henry Fielding, Tom Jones
"Reader, I think proper, before we proceed any farther together, to acquaint thee, that I intend to digress, through this whole history, as often as I see occasion."
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mardi 16 décembre 2008
Vis ma vie d’enfant de cinq ans
Ou de la pénurie en prémisses de la vie pratique
Ou de la pénurie en prémisses de la vie pratique
Tout un tas d’actions de la vie ordinaire sont irréalisables. Et pour cause : ce que l’on tient pour une action simple peut en fait se décomposer en moult gestes sur le chemin desquels sont semés mille embûches ; sans compter le fait qu’il s’agit de les faire dans l’ordre.
I. Constat : j’ai un mal de crâne atroce, je peux à peine respirer et l’idée de me lever me fait déjà souhaiter me recoucher.
Injonction adulte : consulte un docteur es-maux divers (à ne pas confondre avec les mots d'hiver ni avec les maudits vers).
Actions impliquées dans la réalisation de cette réponse appropriée et dont l’issue demeure parfaitement incertaine :
1) attraper le téléphone (pourquoi est-il rangé avec mes tee-shirts ?) ;
2) composer le numéro du médecin (une demi-heure sur les pages jaunes) ;
3) rappeler à un autre moment parce qu’il est midi 30 / 21h / dimanche ; prendre rendez-vous (en ayant son agenda sous les yeux, sinon on peut recommencer au 1) :
4) le plus dur, c’est encore de penser à aller au rendez-vous. Et je vous épargne les détours par la pharmacie, l’envoi de feuilles maladie, et la prise régulière des drogues prescrites.
II. Constat : j’ai faim.
Conséquence du constat : je mangerais bien des coquillettes au ketchup.
Injonction adulte : pars à la cueillette de denrées alimentaires.
Actions impliquées :
Avoir de l’argent sur son compte, réfléchir aux ingrédients nécessaires, aller au supermarché, ne pas oublier la moitié des ingrédients en cours de route, ah ben non c’est fermé le lundi, aller dans un autre supermarché, oublier le ketchup, rentrer chez soi penaud.
III. Constat : Schrkrktttz, mon ampoule a grillé
Injonction adulte : apprends ce qui se cache derrière l'expression figée "rayon luminaires"
Actions impliquées :
Aller à un endroit qui vend des ampoules, acheter une ampoule qui ressemble vaguement à celle qui vient de schrkrktttzer, essayer de la remplacer ça rentre pas, retourner dans ledit lieu, acheter une ampoule qui ressemble plus à celle qui vient de schrkrktttzer, ah ça rentre mais re-schrkrktttz (des rumeurs circuleraient selon lesquelles il faut regarder le nombre de watts ?!), renoncer, vivre à la bougie (mais en mangeant des coquillettes).
III. Constat : j'ai envie de recevoir Picsou magazine tout frais dans ma boîte aux lettres.
Injonction adulte : envoie une lettre pour t’abonner.
Actions impliquées :
Sortir de chez soi, avoir une prescience du lieu où on peut acheter des timbres, avoir une intuition du prix du timbre adapté au poids estimé de la lettre (QUI sait ça ?!), acheter une enveloppe, commander un carnet de chèques parce que le mien il est terminé, écrire un chèque, racheter un timbre et une enveloppe parce qu’entre-temps je les ai perdus, mettre le chèque dans l’enveloppe, écrire l’adresse, fermer l’enveloppe sans la confondre avec la carte de Pompailloux-les-bains rédigée il y a 4 mois et que j’ai oublié d’envoyer à ma cousine Patrick, trouver une boîte aux lettres, poster la lettre, angoisser en imaginant que j’ai vraiment envoyé la carte de Patrick à la rédaction de Picsou magazine et enfin recevoir mon premier Picsou magazine (et arrêter les anxiolytiques.)
Conclusion : la vie ordinaire n’existe pas.
naÿv la nrf yee!
NB : cet article a été rédigé avec l’intention avouée de retarder l’échéance de la visite au rayon yaourts.
mardi 17 juin 2008
Un nom pour mon enfant...

Cher tous,
Merci d'être toujours plus nombreux à voter pour nos sondages !
Là encore, les résultats sont pétrifiants d'intérêt, puisque vous êtes 57% à avoir choisi Plupin le Bref comme prénom pour votre futur enfant, suivi de très près par Cline l'Ancien (42%). Rupus Tule (28%) s'en sort avec un score honorable, tandis que Glucus Gynecoi (4%) reste au plus bas, n'ayant pas du tout séduit les foules.
Pourquoi Plupin le Bref a-t-il conquis les esprits si facilement ?
Il y a trois explications, d'ordre sexuel, psychiatrique et historico-marital.
Explication sexuelle : le son plup [/pl'up] du début induit une sensation fraîche et parfumée, très délicate, presque caressante, qui a sans doute permis de mettre dans un état pré-orgique le votant.
Explication psychiatrique : notre peuple se sent encore coupable de la décapitation de Louis XVI, et pour expurger ce sentiment de culpabilité qui le ronge, il a préféré voter pour le prénom qui ressemblait le plus à celui d'un Roi des Francs.
Explication historico-maritale : Pépin le Bref ayant épousé Berthe au Grand Pied, il semblait instinctivement acquis qu'un enfant nommé Plupin le Bref serait destiné à un grand avenir.
Sur ce vent de nostalgie romano-royale, je vous dis à bientôt pour un prochain sondage!
Anne de Chochult
Libellés :
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plupin le bref
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