Probabilité de chance de risque = 100% puissance quatre

Probabilité que tout se passe bien = zéro.

"Reader, I think proper, before we proceed any farther together, to acquaint thee, that I intend to digress, through this whole history, as often as I see occasion."

Henry Fielding, Tom Jones

mercredi 15 octobre 2008

"En mode"
Mode des mots / mots démodés


L'usage quotidien des mots répond-il à un cycle semblable à celui de la mode (vestimentaire) ?

A priori non, sinon cela ferait belle lurette que les trend-setters se seraient réappropriés le terme "bath", qui se trouverait à cette occasion remis au goût du jour, pour entamer ensuite un lent déclin ; ainsi, on n'eût plus compté que trois occurrences mensuelles moyennes pour cet "adjectif qualificatif" en 2005.

A ce propos, peut-on vraiment qualifier "bath" de qualificatif ? N'ayant pas connu sa période d'apogée, je ne considère pas avoir de légitimité à prétendre connaître les usages dudit mot. Après un rapide tour d'horizon de mon entourage ayant plus de quatre ans dans les années 1970, je puis néanmoins avancer que les expressions coagulées "un bateau bath" ou "un bath âne bâté" n'ont jamais vraiment pris, alors que je détiens de nombreuses preuves que dans les seventies, on se la donnait grave à coups de "on va batifoler à Bath en lisant l'intégrale de Georges Bataille c'est bath".

Ce qui distingue les années 1970 du troisième millénaire (on a l'avantage en 2008 de pouvoir comparer un millénaire entier à une simple décennie sans que cela paraisse outrageux), c'est que le mot "bath" était un chouette mot, alors que "c'est net" ou "clair" sont tout simplement irritants.

Certains petits mots "en vogue" (j'entends par là "in" ou encore "dans le vent") polluent tellement l'inconscient collllectif qu'ils semblent être partout, à fluxer et refluxer, et qu'on a envie de leur tordre le coup. "Ironie du sort" (copyright JT de 20h) l'expression actuellement à la mode est "en mode".
Je me demande donc si nous arriverons à l'escamoter en douce, et si nous parviendrons à déjouer le système de la mode de telle façon que l'expression suscitée ne revienne JAMAIS.

naÿv la nrf yee!

samedi 11 octobre 2008

Episodium VI, Saisonus I

Plupina alla donc consulter… la bouche du malheur. Plus précise que la Pythie, plus loquace que les Augures, plus juste que les aruspices, la bouche du malheur était THE référence en matière d’art divinatoire.
...
Mais pour une raison mystérieuse, la bouche du malheur était en plein delirium tremens...

vendredi 10 octobre 2008

Taxinomie non exhaustive de la drague parisiano-brésilienne


"Eh, mademoiselle, t'as pas un zéro six ?"
Anaximandre, Περὶ τῶν ἀπλανῶν

Le barathonien
"Je te paye un verre dans le bar d'à côté ?"

Celui qui ne te lâchera pas les basques
"Tu t'ennuies ?
-Non, je suis fatiguée...
-Et embrasser, ça fatigue ?"

Celui qui pense qu'à l'usure... des fois... ça peut passer
"Eh rentre viens prendre un café ? tu viens prendre un café mademoiselle ? tu veux pas prendre un café ? allez, viens prendre un café"

Le gentleman
"Hmm vraiment parfaite"

Le bestial
"Hrmrmrmrm... j'aime les femmes comme ça"

Le mec qui s'est pas foulé
"Charmante"
"Ravissante"
"Mademoiselle ! Hé mademoiselle !"

Le vainqueur
"Superbe !" (le pouce levé)

Le respectueux
"tu es pressée peut-être ?
-heu oui...
-ah, tant pis, bonne soirée"

La guimauve
"Come back baby you've broken my heart"

Le propriétaire de chien ou l'amoureux des bêtes
"Hé Mademoiselle... hé beauté... tst tst tst tst"

Celui qui connaît les règles de savoir vivre
"Tu es la reine de la nuit"
"Tu es la princesse du lieu"

Le mec qui n'est pas à l'aise s'il n'a pas 3 grammes dans le sang
"Hé poulette tu veux prendre un verre ?"

Le mime marceau
Clin d'oeil

Le mec qui pense que la communication inter-sexe se fait en langue du chat
"Miaouuuu"

Rappel : la taxinomie a pour objet l'établissement de taxons.


Anne de Chochult

mardi 7 octobre 2008

Episodium V, Saisonus I

Si la foule acclamait Glucus, cette fiente d’oiseau du lac Stymphale, c’est parce qu’il avait débarrassé la ville de Ferroleus, le violeur de chèvres qui terrorisait les beaux quartiers. Dans la mémoire collective, Glucus était un héros, car il avait tué Ferroleus. Mais si l’acte de Glucus n’avait rien d’héroïque, il avait en revanche, tout d’érotique... C’était à la suite d’un jeu sadomasochiste que Ferroleus était mort.


Glucus, cet être sans foi ni loi, se garda bien de révéler la vérité à qui que ce soit.

Ainsi, Plupina se trouva dans un dilemme cornélien, que seul un sabre acheté au souk de Byzance aurait pu trancher : épouser l’homme que Rome aimait ou celui que ses phéromones lui indiquaient.

mercredi 3 septembre 2008

Etes-vous amateur du Ballet de l’Opéra de Paris et en particulier du travail chorégraphique d’Angelin Preljocaj ou supporter de Frank Ribéry ?

1. Votre mets favori : un émincé de saumon agrémenté d’huile vierge de pistache ou un gros steak qui tâche ?

2. Samedi soir. Vous penchez pour : une soirée Geoffroy Guichard ou une soirée Lagarde & Michard ?

3. Votre personnalité : vestale effarouchée ou couteau de boucher ?

4. Votre démarche : petit pas délicat ou branle-bas de combat ?

5. Votre addiction fétichiste inconnue de tous : collection PUF ou… collection pouffe ?

6. Grand mélomane, vous appréciez : Pietragalla ou Gala ?

7. Retrouvailles avec votre cher et tendre / votre dulcinée. Votre attitude : rentre-dedans ou les petits plats dans les grands ?

8. Et pour finir, votre credo : métaphysique kantienne ou bonne bourre à l’ancienne ?



Résultats du test :

> entre 0 et 3 réponses : vous êtes au choix un fumiste ou une pâle copie de l’âne de Buridan.

> entre 4 et 8 réponses : vous êtes môôôôôyen. Soit vous avez des capacités que vous n’exploitez pas, soit vous êtes, disons-le tout net, médiocre.

> 9 réponses ou plus : vous êtes un sacré sans-gêne.


Anne de Chochult & naÿv la nrf yee!

lundi 11 août 2008

Touch my...


Touch my…



Nous connaissions de la Scandinavie plusieurs spécimens aussi sympathiques qu’originaux : ABBA, Basshunter, Tupac (qui contrairement à ce que l’on croit, n’était pas originaire de New York mais de Uppsala, charmante bourgade du nord de la Suède). Ils ont tous été supplantés, surpassés, écrasés...car IL est arrivé, lui, cet homme, THE homme, Gunther. Si cette apparition fait le bonheur des filles, elle sonne le glas des hommes. Face à Gunther, tout être sensé plie l’échine, reconnaît la supériorité incontestable de cet être à la virilité dégoulinante de testostérone et sait que pour lui, à présent, la drague sera rude... Pourquoi Gunther plait tellement aux filles ? Quelques clés de compréhension :

Gunther, il est beau

C’est indubitable…Gunther est canon. C’est sa belle bouche pulpeuse, son regard ténébreux, sa peau lisse, sa petite moustache coquine, et ses longs cheveux soyeux…Mais c’est aussi un corps qu’on a le privilège de voir dénudé au moins une fois par clip… Bref, Gunther c’est un concentré de sex appeal qui laisse pantelantes toutes les filles qui ont le malheur de s’en approcher de trop près.

Gunther, il est mystérieux

On ne peut s’empêcher de se demander "Mais c’est qui ce type ?" Et ce n’est pas son visage imperturbable ou sa voix sans grande inflexion qui va vous donner la clé du mystère. Où est-il né ? Qui sont ses parents ? Que s’est-il passé dans sa jeunesse pour stimuler cette créativité ? Est-il sérieusement perturbé pour pouvoir appeler ses parties intimes un "tralala" et "un ding ding dong" ? Ou a-t-il beaucoup d'humour ? Son pénis est-il son seul ami? A-t-il d'ailleurs des amis ? Une copine ? Un chien ? Les questions affluent, mais nul ne sait percer ce mystère. La seule chose que l’on sait de lui, c’est qu’il « want some fun and some love and some biiiiiip deep in the night », et ça ne nous avance pas beaucoup...

Gunther, il joue franc jeu

Ah, la belle fraicheur d’une drague sans détours… Gunther n’emploie pas les chemins tortueux des « euh ça te dirait d’aller au ciné ? » « T’as de beaux yeux tu sais » « Tu me fais penser à mon hamster quand il se mouche ». Non, Gunther, il va droit au but : « Touch my tralala » et voilà c’est dit, c’est réglé, on gagne du temps et c’est plus marrant.

Bâle Ferigonzella

mercredi 30 juillet 2008

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"Grey's Anatomy régule mes hormones."

Tel la petitesse, il est des handicaps qui échappent à la vigilance des plus grands scientifiques du XIXe siècle.
...
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Ma pathologie, qu’on diagnostiquait bénigne jadis, a fini par envahir mon être. Et pourtant, Jean-Luc Delarue n'y a pas consacré d'émission, Freud l’a omis dans ses essais, le Dalai-Lama n'en a pas prévenu ses adeptes.

Seul Nostradamus, sans aucun doute le plus docte des savants de la Renaissance, avait entrevu la vérité, lorsqu’il écrivit : « Les seignées, les medicaments cordiaux, catartiques, ne autres n'avoyent non plus d'efficace que rien. » (Traité des fardemens et confitures, Lyon, 1555, p. 52)

En effet, ancrée depuis peu dans mon corps, une série américaine régule mes hormones. Mon cycle biologique (appelé « biorythme » par les plus érudits) est calqué sur Grey’s Anatomy.

D'aucun pourrait penser que le caractère hospitalier de la série influe mon jugement. Il n'en est rien. A renfort de stéthoscopes, IRM et autres babioles, le docteur Domenico (ci-dessous) et moi-même avons fini par découvrir le pot-aux-roses.


A ceux qui ont l’outrecuidance de minimiser cette maladie, je dis que même la fleur de lotus peut s’avérer plus cruelle qu’une vipère de feu.

Ainsi, j’ai créé la Fondation DHAGA, Fondation pour la Déshormonisation Harmonique de Grey’s Anatomy, qui organise chaque mois les Anatomyx Anonymes.
...
Envoyez vite vos dons.
Les saisons se succèdent.
Le temps presse…

Anne de X

mardi 29 juillet 2008

De la petitesse
Quelques désagréments de la vie dans un monde de grands

Tout ce qui est petit est mignon. Cela va de soi. Cette expression ressassée avec un excès digne des plus roboratifs puddings de votre tante est à la conspiration des grands* ce que la galanterie est au machisme : un cache-misère. Car oui, entendons-nous bien, les petits sont des miséreux. Dès leur plus jeune âge, ils sont trop petits. Une étude réalisée auprès d’un échantillon de 1015 petits** (un tel panel faisant apparemment foi) a montré que 100% des petits étaient encore plus petits quand ils étaient petits.

Qu’est-ce que le petit, au fond, sinon un gringalet, un avatar de Tintin en perte de vitesse dans une société hypermoderne dans laquelle la grandeur, le muscle, le sport sont érigés au rang de critères absolus de la santé ?
Oui, le petit est frêle, malingre, mais il peut se révéler gracile à ses heures perdues. Si l’exemple de Kylie Minogue chantant Can’t get you out of my head ne vous persuade peut-être pas de la discrétion hors normes du petit, il vous suffira de vous manifester auprès des plus brillants biographes de Chuck Norris et de quérir quelques clichés – tant au propre qu’au figuré – pour constater que l’élégance n’est pas du côté du grand non plus.

Mais le caractère classieux du petit n’est ici pas mon objet. Cet article a en effet pour but d’étudier une question bien plus fondamentale, j’ai nommé la torture quotidienne que représente l’état de petitesse dans un monde de grands gaillards à l’allure sûre, au regard condescendant, qui exercent sur leurs supposés inférieurs une violence symbolique dont l’évocation même excite mes glandes lacrymogènes (ndlr : ici, l’auteur s’emporte quelque peu, le comité éditorial vous saura donc gré de pardonner ses envolées lyriques).

Ces quelques scènes de la vie quotidienne pourront, j’espère, lever le voile sur un état que vous semblez ignorer :

- Le petit étouffe littéralement dans toute situation à forte densité : quand prendre le métro par 40 degrés à l’ombre vous paraît un calvaire, sachez qu’en se juchant, comme vous, sur ses talons, le petit peut espérer au mieux respirer l’air pestilentiel exhalé par son généralement odoriférant voisin. Et je ne parle même pas des concerts, ce serait trop simple.

- Faire du Vélib vous paraît drôle, agréable, voire bucolique, mais réalisez que vous êtes conditionnés par votre armature solide. Un petit sur un vélo de 21 kilos, c’est sans aucun doute drôle, mais certainement pas agréable et encore moins bucolique.

- Le petit ne peut pas porter de robe longue, sinon, il a l’air con (surtout si c’est UN petit).


naÿv la nrf yee!
* Alexandre Dumas doit être consulté pour bien comprendre ce point
** Nous aborderons ultérieurement la question de la définition quantitative et qualitative du petit

dimanche 6 juillet 2008

Faut-il rendre obligatoire le quota de chtis dans les séries américaines ?

Dans les séries télévisées, la pratique de quotas ethniques existe depuis longtemps. Un noir, un asiatique, et parfois un apache. Ils sont les seconds rôles comiques, les personnalités farfelues, les aides spirituelles des héros. Dans le passé, ils servaient surtout à décorer.

Remarquez la troublante ressemblance entre ces séries :


Une femme, une personne de couleur, et le héros. C'est le trinôme gagnant de toutes les séries. Il n’y a guère qu'Alerte à Malibu qui résiste à la percée des quotas ethniques dans le monde des soap operas, et défie les lois de l'apesanteur…



...à moins que le "français" ne compte comme un quota aux States. D'ailleurs, David Charvet, si tu nous lis, reviens.

Mais depuis peu, un nouveau peuple fait son entrée dans l’univers du petit écran : les CHTIS.

La France, comme à son habitude, est en avance sur les Etats-Unis. C’est en voyant Koh Lanta que je me suis aperçue de la percée des ptits gars du Nord. Mais le fait nouveau est que pour la première fois dans l’histoire des séries TV, les quotas ne sont pas des second rôles.

Aujourd'hui, les quotas sont des héros. En témoigne Christophe, "valeureux gaillard" de la tribu Tayak, qui a "une générosité à couper le souffle", d'après le site de TF1.


Désormais, la guerre des quotas est ouverte. Et, n'ayant aucun chti sur leur territoire, les Etats-Unis ont du mouron à se faire.

Anne de Chochult

samedi 5 juillet 2008

Previously on Dominos’ Passion...
A Rome, Jeff et Gloria sont mariés par Little Richard. Plus tard, elle surprendra David en train de jouer au Casinum alors qu'il avait promis à Nikki de ne plus céder à la tentation. Adrian interview Sabrina. Victor demande à lire l'article avant qu'il ne soit publié. Jack s'y oppose formellement. Il commence à fouiner dans le passé de la nouvelle Mme Newman...

Episodium IV, Saisonus I

Glucus était un infâme, du rang des conjurés de Catilina.
Sa perfidie n’avait d’égale que son ingéniosité machiavélique. Prompt à fomenter des complots des plus vils, il rôdait sans relâche à la recherche d’une nouvelle occasion de nuire.
Son apparence disgracieuse dissimulait habilement un dessein plus retors que celui du Vésuve en éruption.
Cet épisode souvent oublié des grammaires latines, où Glucus fit preuve d’une forfanterie inhumaine auprès d’une employée du lupanar et d’Alanus, le maraîcher le plus frais de tout Rome, en témoigne.
...